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Pour surmonter leurs défis de recrutement et de rétention de personnel, des entreprises touristiques se tournent vers des catégories de population moins traditionnelles. Nous commençons une série d’articles sur ces bassins de main-d’œuvre auxquels on ne pense pas toujours, mais qui peuvent constituer une mine de ressources.

La rareté de la main-d’œuvre cause bien des soucis à beaucoup de gestionnaires. Ces derniers n’ont pas besoin de consulter les rapports de tendances démographiques pour savoir que la concurrence est de plus en plus rude pour trouver des ressources.

Traditionnellement, notre industrie recrute beaucoup de jeunes de 15 à 24 ans. Ce groupe d’âge compte de moins en moins d’individus à cause de l’évolution démographique. Par ailleurs, la croissance de la clientèle étrangère, notamment grâce aux croisières, a retardé la saison estivale: elle commence plus tard, vers la fin juin, et se prolonge jusqu’à l’Action de grâce, parfois même plus tard. Comme les étudiants retournent sur les bancs d’école à la fin d’août ou au début de septembre, les ressources manquent après leur rentrée.

– Isabelle Girard, directrice générale du Conseil québécois des ressources humaines en tourisme (CQRHT)

Les employeurs du secteur du tourisme doivent donc élargir leurs horizons en s’intéressant à des bassins de main-d’œuvre parfois négligés. Le CQRHT en a identifié cinq :

  • les personnes handicapées
  • les personnes immigrantes
  • les personnes retraitées ou préretraitées
  • les personnes judiciarisées
  • les personnes issues d’une communauté autochtone ou de la communauté inuite

Des sources potentielles de futurs employés

Mis ensemble, ces bassins de main-d’œuvre constituent une partie significative des talents disponibles partout au Québec.

Certains sont déjà une source importante d’employés pour des entreprises en tourisme. « En milieu urbain, les industries de l’hôtellerie, de l’hébergement et de la restauration contribuent déjà plus que d’autres secteurs économiques à l’accueil, à la formation et à l’intégration par le travail des personnes immigrantes », note Isabelle Girard.

D’autres, comme les retraités et préretraités, attirent l’attention d’un nombre croissant d’employeurs :

Ce sont souvent des gens qui connaissent bien leur coin de pays, remarque Isabelle Girard. Ils peuvent enrichir l’expérience qu’on fait vivre aux touristes par leurs anecdotes et leurs connaissances. De leur côté, les personnes issues des communautés autochtones et inuites font partie intégrante de ce que le Québec est comme destination : ils pourraient certainement contribuer davantage aux activités des entreprises touristiques.

Plusieurs exemples inspirants

Il y a donc de plus en plus d’exemples d’employeurs heureux d’avoir, au sein de leurs équipes, des représentants de ces bassins de main-d’œuvre qui ne sont pas utilisés à leur plein potentiel. Nous avons parlé à plusieurs entreprises ravies d’avoir recruté dans ces bassins :

  • Mario Bourassa, directeur général du Centre de ski Le Relais, à Lac-Beauport, apprécie la complémentarité que lui apportent des personnes retraitées par rapport aux jeunes qu’il embauche habituellement, et ce, tant pour la disponibilité de leurs horaires que pour leur bagage d’expérience et leur attitude à l’égard des clients.
  • Diane Turcotte, coordonnatrice en loisirs scientifiques à Espace pour la vie, est heureuse d’employer deux animateurs non voyants au Jardin botanique de Montréal. Ils permettent notamment de mieux servir la clientèle ayant un handicap visuel.

Grâce à des témoignages d’employeurs et à des entrevues d’experts, notre série d’articles vous fera découvrir quelques caractéristiques de ces bassins de main-d’œuvre auxquels on ne pense pas toujours, et les avantages que vous pourriez trouver à accueillir leurs représentants – voire à les solliciter activement.

On a tout à gagner à avoir plus de diversité dans nos équipes qui accueillent et qui servent les touristes. Il faut donc se préparer non seulement à les recruter davantage, mais aussi à bien les comprendre pour mieux les accueillir dans nos milieux de travail.

– Isabelle Girard

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