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Les personnes handicapées : une main-d’œuvre motivée à travailler

Selon l’Enquête québécoise sur les limitations d’activités, les maladies chroniques et le vieillissement 2010-2011 de l’Institut de la statistique du Québec, pas moins d’une personne sur trois vit avec une incapacité de longue durée au Québec. Or, les limitations auditives, visuelles, langagières, motrices ou mentales, mineures ou majeures, sont loin d’être un frein pour avoir le cœur à l’ouvrage. Et si l’industrie touristique accueillait cette main-d’œuvre?

 

Danielle Ferland est directrice du Regroupement des organismes spécialisés pour l’emploi des personnes handicapées (ROSEPH). Celui-ci réunit une vingtaine d’organismes québécois1 qui ont pour mission d’intégrer en emploi des personnes handicapées. Afin de faciliter ce processus, les organismes du ROSEPH offrent un service d’accompagnement aux employeurs.

 

Chaque cas présente, d’un côté, un employé potentiel qui peine à se démarquer avantageusement sur le marché du travail et, de l’autre, un employeur qui ne réussit pas à combler ses besoins en travailleurs.

C’est gagnant-gagnant pour toutes les personnes impliquées

– Danielle Ferland

Trouver le bon jumelage

Dans la majorité des appariements facilités par le ROSEPH, les personnes en situation de handicap se retrouvent à faire pratiquement le même boulot que leurs collègues.

 

« Nous discutons toujours avec chaque employeur pour bien cerner les responsabilités du poste, dit Danielle Ferland. Ça nous arrive parfois d’aider l’entreprise à réorienter légèrement les exigences d’une fonction afin qu’elles puissent convenir à une personne, selon la nature de son incapacité. » Par exemple, si une personne en fauteuil roulant peut très bien effectuer 80% des tâches liées à une fonction, peut-être cela vaut-il la peine de répartir le 20% de tâches restantes parmi d’autres postes?

 

Dans certains cas, l’embauche d’une personne handicapée peut nécessiter des accommodements, comme le réaménagement de l’espace, la modification de l’horaire ou l’ajustement de méthodes de travail. Mais dans la grande majorité des cas, ce ne sont pas des mesures qui compliquent la donne pour l’employeur.

 

D’ailleurs, au cours des dernières années, les organismes du ROSEPH ont intégré plusieurs personnes handicapées dans des emplois du domaine de la restauration ou de l’hôtellerie. Dans ces secteurs d’activité, elles peuvent occuper des postes d’aide-cuisinier ou de commis de bureau. Certains accommodements ont parfois été requis, tels qu’une période de formation un peu plus longue ou un aménagement du temps de travail.

 

Lorsqu’il est difficile de cibler ou de configurer un poste dans lequel une personne ayant une incapacité sera aussi efficace qu’un collègue sans limitation, une subvention gouvernementale peut venir combler la différence de productivité.

 

Les avantages de la main-d’œuvre handicapée

 

La main-d’œuvre handicapée se distingue favorablement dans la masse des employés.

Les employeurs reviennent souvent vers nous après un premier placement, parce qu’ils constatent que ces personnes sont très motivées, qu’elles s’absentent moins et qu’elles restent plus longtemps en poste

– Danielle Ferland

 

C’est d’ailleurs pour ces raisons que, chaque année, les organismes du ROSEPH réussissent à placer en emploi plus de 3 000 personnes en situation de handicap.

 

Autre avantage : inclure des personnes handicapées dans sa force de travail témoigne de la responsabilité sociale d’une entreprise et de son souci de diversité. Selon la directrice du ROSEPH, plusieurs entreprises employeuses retirent énormément de fierté de leur implication. Il suffit de se rappeler la polémique récente autour du cas de Walmart pour se convaincre que l’exclusion est fortement condamnée par l’opinion publique.

 

Afin de permettre aux employeurs d’être plus confiants dans l’embauche de cette clientèle, une formation a d’ailleurs été développée en collaboration avec le Conseil du patronat du Québec et le Centre de recherche pour l’inclusion des personnes en situation de handicap (CRISPESH), et sera dispensée sur tout le territoire québécois au cours de l’automne 2018 et de l’hiver 20192.

 

« Pourquoi ne pas profiter de la contribution de tous les travailleurs ? » conclut la directrice du ROSEPH.

 

 

1 Les organismes membres du ROSEPH sont établis dans toutes les régions du Québec. Pour en savoir plus : roseph.ca

2 Inscription sur le site internet du Conseil du Patronat du Québec (cpq.qc.ca)

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