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Pour combler vos besoins d’emploi, avez-vous pensé à la main-d’œuvre autochtone?

Les personnes issues des Premières Nations et des communautés inuites constituent un bassin de main-d’œuvre qui présente un fort potentiel pour les entreprises touristiques.

 

Comptant plus de 100 000 personnes, la population issue des Premières Nations et des Inuits (PNI) représente plus de 1% de celle du Québec. Or, celle-ci est sous-représentée dans les entreprises. De façon générale, leur taux d’emploi est de 20% inférieur à celui de l’ensemble de la population. Cette sous-représentation est liée à plusieurs facteurs.

Beaucoup d’autochtones se sentent loin du marché du travail. La plupart des jeunes autochtones accusent de deux à trois ans de retard sur le plan éducatif. Environ 40% des PNI n’ont pas de diplôme secondaire.

– Réal Martin, coordonnateur du Comité consultatif des Premières Nations et des Inuits [1]

 

Cette situation peut constituer un obstacle à l’emploi dans plusieurs secteurs d’activité, mais le tourisme offre quant à lui de nombreux emplois qui ne requièrent pas de diplôme.  

 

Une population jeune, qui veut faire sa place dans la société

 

Les autochtones présentent des avantages pour les employeurs. D’abord, ils sont jeunes. Selon les données du Recensement de 2016, alors que l’âge moyen de la population canadienne non autochtone était de 40,9 ans, celui des personnes issues des peuples autochtones était de 32,1 ans. La vigueur démographique de ces populations en fait un vivier de ressources qui grossit rapidement.

 

Ils veulent s’en sortir, ils ont du talent à revendre et ils aspirent à travailler comme tout le monde quand on leur en donne la chance.

  – Réal Martin

 

Les autochtones qui sont sur le marché du travail ne dédaignent pas le secteur touristique. Selon Statistique Canada, en 2015, 4,1% des personnes autochtones âgées de 25 à 54 ans travaillaient dans l’industrie de l’hébergement et services de restauration, tandis que 3,8% travaillaient dans le domaine des arts, des spectacles et des loisirs. Les pourcentages de PNI actifs dans ces deux secteurs étaient très comparables à ceux de l’ensemble de la population active.

 

Par la connaissance qu’ils possèdent de leur environnement naturel, de leur culture et de leurs traditions ancestrales, les autochtones peuvent enrichir l’expérience offerte aux touristes. Dans les réserves, certaines communautés mettent à profit ces ressources grâce à des initiatives locales.

 

L’Hôtel-Musée Premières Nations, à Wendake, près de Québec, constitue un très bel exemple de réussite. Ça a commencé avec un petit projet de motel et, aujourd’hui, l’établissement emploie 45 personnes presque toutes issues des PNI, fonctionne 12 mois par année et affiche un taux d’occupation de 78%.

– Réal Martin

 

Environ la moitié des PNI vivent en milieu urbain, particulièrement dans la région de Montréal. Réal Martin est d’avis que cette population urbaine constitue une main-d’œuvre disponible pour des entreprises du secteur touristique. Il note qu’une assez forte proportion d’autochtones, notamment les Inuits, les Cris et les Mohawks, parlent anglais et pourraient bien servir une clientèle touristique anglophone. «Beaucoup sont même trilingues, ajoute-t-il: ils parlent une langue autochtone en plus du français et de l’anglais.»

 

Comment attirer et retenir des employés autochtones?

 

Réal Martin croit que les entreprises se privent parfois d’employés autochtones en exigeant, pour les postes à pourvoir, des degrés élevés de formation qui dressent des barrières à l’embauche parfois inutiles. «On voit souvent un cinquième secondaire exigé pour des travaux manuels, dit-il. Est-ce vraiment indispensable pour un tel poste?» En effet, on constate que pour de nombreux emplois, le niveau d’études ne contribue pas de façon significative aux qualifications des titulaires.

 

Lorsqu’un travailleur issu des communautés autochtones manque d’expérience, son intégration comme employé dans une entreprise mérite un effort particulier, notamment sous la forme d‘un accompagnement ou d’une formation. Réal Martin recommande même, autant que possible, l’embauche d’une petite cohorte de trois ou quatre personnes.

 

La présence d’un petit groupe facilite l’intégration dans l’entreprise et favorise la rétention.

 – Réal Martin

 

Les entreprises qui embauchent des autochtones peuvent espérer un meilleur accompagnement. En effet, le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MTESS) a publié en 2017 sa Stratégie ministérielle d’intégration professionnelle des Premières Nations et des Inuits. Il y a donné suite en présentant une mesure qui consiste à « Soutenir l’intégration et le maintien en emploi des membres des PNI » dans le cadre de sa Stratégie nationale sur la main-d’œuvre 2018-2023.

 

Voilà donc un bassin de travailleurs qui présente un potentiel plus qu’intéressant pour contribuer à combler les besoins de main-d’œuvre de notre industrie!

 

[1] Les comités consultatifs possèdent une connaissance approfondie des besoins des groupes sous-représentés sur le marché du travail et des contraintes auxquelles ils sont soumis.

 

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